Skip to content Skip to sidebar Skip to footer

Et si on coulait du 9mm ?

Le rechargement du 9×19 mm avec des projectiles en plomb : choix de l’alliage, dureté et optimisation

Le calibre 9×19 mm (couramment appelé 9 mm Parabellum) est l’un des calibres les plus utilisés au monde, aussi bien en arme de poing qu’en carabine de type PCC (Pistol Caliber Carbine). Toutefois, le rechargement avec des projectiles en plomb nécessite une attention particulière. En effet, le 9 mm fonctionne à une pression relativement élevée (environ 35 000 PSI), ce qui impose un choix d’alliage adapté afin d’éviter l’emplombage du canon et de garantir une bonne précision.

1. La dureté du plomb : un facteur essentiel

Contrairement à des calibres plus lents comme le .45 ACP, le 9×19 exige un plomb plus dur. Un plomb trop mou provoque rapidement un dépôt de résidus dans le canon, appelé emplombage.

Dureté recommandée

Pour une munition standard 9×19 :

  • Vitesse classique : 320 à 360 m/s

  • Dureté idéale : BHN 12 à 15

  • Gas check : non nécessaire en arme de poing

  • Lubrification : indispensable

Le plomb de récupération issu de tuyaux (BHN 5–6) est trop mou pour cet usage. Il doit donc être allié avec d’autres métaux afin d’augmenter sa dureté.

2. Les alliages adaptés au 9 mm
Option 1 : Mélange économique

Un alliage simple peut être obtenu en mélangeant :

  • 50 % plomb pur

  • 50 % anciennes masses d’équilibrage (à base de plomb, non zinc)

Ce mélange donne une dureté approximative de BHN 10 à 12, suffisante pour un 9 mm standard (hors charges +P). Il s’agit d’une solution économique, mais légèrement limite pour des vitesses élevées.

 

Option 2 : Alliage type Lyman #2 (recommandé)

L’alliage Lyman #2 est une référence reconnue pour les projectiles de poing.

Composition :

  • 90 % plomb

  • 5 % étain

  • 5 % antimoine

Dureté obtenue : environ BHN 15

Avantages :

  • Excellente précision

  • Réduction significative de l’emplombage

  • Polyvalence pistolet et PCC

3. Fabrication d’un alliage BHN 14–15 (exemple pour 10 kg)

Deux méthodes simples permettent d’obtenir un alliage adapté :

Méthode 1 :

  • 9 kg de plomb

  • 500 g d’étain

  • 500 g d’antimoine

Méthode 2 (plus simple) :

  • 8 kg de plomb pur

  • 2 kg de linotype

Dans les deux cas, la dureté obtenue est proche de BHN 15, idéale pour un usage polyvalent.

4. Température et technique de coulée

La température joue un rôle crucial dans la qualité des projectiles.

  • Température recommandée : 360–380 °C

  • Moule bien préchauffé

  • Coulée régulière

  • Surface brillante = température correcte

Le préchauffage du moule peut se faire sur le dessus du four à plomb ou sur une plaque électrique d’appoint. Cela garantit un remplissage optimal et une meilleure régularité dimensionnelle.

Taque électrique pour préchauffer les moules
5. Importance du diamètre du projectile

Le diamètre du projectile est plus important que la dureté elle-même.

En 9 mm :

  • Diamètre courant : .356”

  • Parfois : .357”

Il est recommandé de mesurer le canon (méthode du “slugging”) et de couler un projectile 0.001” au-dessus du diamètre réel.

Exemple :

  • Canon mesuré en .355” → balle calibrée en .356”

Une balle légèrement plus molle mais correctement calibrée donnera de meilleurs résultats qu’une balle trop dure sous-calibrée.

6. Lubrification et protection du projectile

Trois solutions principales existent :

  1. Graissage traditionnel (gorge + graisse)

  2. Alox liquide

  3. Powder coating (revêtement polymère)

Pour le 9 mm moderne, le powder coating est particulièrement efficace :

  • Réduction importante de l’emplombage

  • Vitesse plus élevée possible

  • Canon nettement plus propre

  • Moins de sensibilité à la dureté

Avec ce procédé, même un alliage BHN 12 peut fonctionner correctement.

Têtes en 124 gr en plomb (alliage Lyman #2) + powder coating, recalibrées en .356
7. Différences entre pistolet et PCC

Les performances diffèrent selon la longueur du canon :

Pistolet (canon 4–5 pouces)
  • 320–350 m/s

PCC (canon 14–16 pouces)
  • 380–420 m/s

  • Pression plus constante

  • Risque d’emplombage accru si alliage trop mou

Pour couvrir les deux usages, la zone idéale de dureté se situe entre BHN 14 et 16.

8. Recette polyvalente recommandée

Pour un usage pistolet et PCC :

  • 8 kg plomb pur

  • 2 kg linotype

ou

  • 90 % plomb

  • 5 % étain

  • 5 % antimoine

Cet alliage (~BHN 15) convient parfaitement aux projectiles :

  • 124 grains

  • 135 grains

  • 147 grains

Il offre une excellente résistance à l’emplombage, surtout avec powder coating, et permet des vitesses comprises entre 330 et 400 m/s.

En 9 mm, le diamètre correct est plus important que la dureté.

Une balle bien calibrée un peu plus molle tirera mieux qu’une balle trop dure sous-calibrée.

9. Contrôle après tir

Après 50 à 100 coups :

  • Léger voile gris → normal

  • Stries épaisses → alliage trop mou ou projectile sous-calibré

Avec un alliage BHN 15 et un revêtement powder coat, le canon reste généralement très propre.

Conclusion

Le rechargement du 9×19 mm avec des projectiles en plomb exige un équilibre précis entre dureté, diamètre et lubrification. Pour un usage polyvalent pistolet et PCC, un alliage de type Lyman #2 (BHN ≈ 15) constitue une solution idéale. Toutefois, le diamètre du projectile reste le facteur déterminant : un bon calibrage prévaut toujours sur une dureté excessive.

Une approche méthodique, des essais progressifs et un contrôle régulier du canon garantissent sécurité, précision et longévité du matériel.

Image endoscopique (d'illustration) d'un canon bien sale

Leave a comment