Le powder coating.
Vous vous intéressez peut-être à cette technique qui permet de se passer d’alox ou de graissage de vos balles plombs fraichement coulées par vos soins.
Et vous avez raison !
Il y a d’autres avantages à cette technique : outre le fait de ne pas s’exposer au plomb en les manipulant, l’emplombage de votre canon en sera réduit.
Personnellement, je n’en ai jamais constaté sur mes armes avec cette technique et pourtant je suis gros consommateur : je coule pour tous mes calibres d’armes de poing et toutes ont droit à ce traitement.
Je vais ici vous faire part de mon expérience personnelle, de mes conclusions et au final de la solution que j’ai retenue pour mon utilisation.
Comment procéder ?
Je vais essayer ici de vous faire économiser du temps et de l’argent : j’ai testé toutes les techniques courantes que vous pourrez trouver sur des plateformes vidéos comme YouTube.
Je ne vous raconte pas les heures passées à regarder et tenter de reproduire ces tutos pour en arriver aux conclusions que vous allez découvrir ci-dessous.
La Wet méthode :
Celle qui consiste à mouiller les balles dans une boite avec de l’acétone avant d’y ajouter une petite cuillère de poudre, la refermer et bien mélanger.
J’ai testé… avec un peu, moyen, beaucoup d’acétone et avec un peu, moyen, beaucoup de poudre et… j’ai pu tout jeter. C’est soit trop ou trop peu.
Je me suis retrouvé avec une fine pellicule insuffisante ou, à l’inverse, avec des patés de poudre sur certaines parties des projectiles. Difficile d’avoir un rendu satisfaisant et encore moins d’avoir une régularité dans la production. Quand je dis « difficile », pour être honnête, je n’y suis tout simplement pas arrivé. J’ai dû gaspiller pas loin de 300 balles.
=> avis strictement personnel : à oublier !
La Dry méthode :
Celle qui consiste à se procurer une boite en plastique recyclable avec le logo de recyclage « 5 » si j’ai bonne mémoire (pardonnez-moi, cela remonte à quelques années déjà) et d’y ajouter des billes d’airsoft.
Le concept est le suivant : y placer les balles, secouer le tout afin que les balles se chargent positivement d’électricité statique, ajouter une faible quantité de poudre epoxy, refermer et re secouer.
On s’attend à ce que les balles attirent la poudre et que cette dernière se repartissent uniformément sur elles. Mouais, ça c’est la théorie…
En pratique, la poudre y en a partout sauf sur les balles… Je ne vous parle pas du nombre de boîtes que j’ai explosées en secouant les balles pour les charger électrostatiquement parlant.
Bref… Je n’y suis pas parvenu : j’ai gaspillé des boîtes, des billes, de la poudre et du temps…
Je ne suis peut-être pas doué : sur les vidéos ça avait l’air simple.
Point commun aux 2 méthodes Wet & Dry : il vous faudra manipuler les balles avec la poudre pour les aligner dans le four… Sans faire tomber la poudre… Sans en mettre partout…
Je vous promets du plaisir.
Vous penserez à moi s’il vous vient l’idée de tester ces méthodes 😊
Vous ne pourrez pas dire que… Je vous ai prévenu !
Le pistolet électrostatique :
Nous y voilà. Voici enfin une méthode qui fonctionne, simple, efficace et avec un résultat professionnel.
Vous l’avez compris : c’est celle que j’emploie désormais et c’est sur cette technique que je vais plus particulièrement m’étaler.
Le concept : c’est un peu le principe du pistolet à peinture d’un carrossier automobile.
Il faudra simplement pulvériser un nuage de poudre sur vos balles et ensuite les cuir au four à 180 degrés durant 20 minutes pour fixer la peinture sur vos balles.
Vous allez avoir besoin d’un petit compresseur à air que tout bricoleur a dans son garage (le modèle le moins cher au brico du coin fera l’affaire et pourra gonfler les pneus de votre véhicule).
Un pistolet électrostatique à environ 120 euros chez alisepressepas, Ah ma zone ou Thé moux.
Une cabine de peinture : une boîte de rangement (la plus grande et haute possible) avec couvercle de chez « inaction »
De la poudre epoxy « powder coating » et d’un four.
Notez que ce four ne pourra plus jamais servir à la cuisson d’aliment : il est condamné !
Je plaide non coupable sur la crise conjugale que vous allez provoquer en utilisant le four de votre cher(e) et tendre dans la cuisine de votre nid douillet.
La taille du four dépendra de votre place disponible et du volume à traiter. Si possible avec sa ou ses grilles de cuisson.
Pour ma part, j’ai placé une petite annonce sur un groupe d’un réseau social bien connu et une heure après j’avais reçu gratuitement un four de cuisine encastrable. Impeccable.
Nous aurons encore besoin de 4 briques ou autres cales d’épaisseur de quelques centimètres dont j’expliquerai l’utilité plus loin.
Des plaques microperforées ou de grillage à très fines mailles.
On résume le matériel :
• Le pistolet électrostatique
• De la poudre powder coating
• Un compresseur à air comprimé
• Une boite de rangement
• 4 cales
• Une plaque microperforée ou grillage à fines mailles
• Un four électrique
• De l’acétone
Avant toute chose, on verse un capuchon d’acétone sur les balles dans un récipient, on referme, on mélange et on ouvre le couvercle pour évaporation.
Les balles sont maintenant dégraissées.
J’utilise des plaques microperforées destinées à la ventilation tout en empêchant les insectes de pénétrer le bâtiment. Elles sont fines, rigide, planes et la microperforation permettra à la poudre de venir se fixer à la base de la balle.
Ces plaques viendront se placer sur la grille de cuisson du four. Je vous conseille de sortir la grille du four avant toute chose.
Au préalable, vous aurez fait les poubelles du stand de tir pour y récupérer le bloc frigolite qui sert à maintenir les munitions manufacturées dans leur boîte d’emballage : prenez-en plusieurs.
On va y placer, tête en bas nos balles à peindre. On recouvre le tout avec un carton rigide ou une spatule à plancha et on retourne le tout. On dépose délicatement sur la plaque perforée et on retire délicatement la spatule ou le carton. On soulève délicatement : les balles sont parfaitement alignées et espacées. Pas con hein ?
On répète l’opération autant de fois que la plaque peut en contenir.
Dans un four encastrable de cuisine, j’en place plus de 600 par grille et j’utilise 2 grilles.
1200 par fournée. Miam miam.
Prenez maintenant votre cabine de peinture (boîte de rangement).
Il faut que celle-ci puisse recevoir dans son fond la grille de votre four : prenez-là suffisamment grande comme précisé plus haut.
Aux quatre coin, vous allez déposez vos 4 briques ou cales. Elles serviront à soutenir la grille du four pour que l’excédent de peinture tombe dans le fond du bac.
On place maintenant la grille du four, avec sa plaque microperforée, et les balles parfaitement alignées sur les 4 cales dans le fond de la boîte.
Ne tremblez pas, ce serait dommage de tout renverser (cas vécu).
On va maintenant allumer le compresseur et le laisser gonfler.
On en profite pour raccorder le pistolet électrostatique et remplir son récipient de poudre de coating SANS le mettre sur le pistolet à ce stade.
Idéalement, il faudrait que votre compresseur dispose d’une vanne de réglage de débit. Si ce n’est pas le cas, comme le mien, achetez une petite vanne genre robinet à placer sur le raccord pneumatique du pistolet. Régler le débit sur un très faible débit d’air. L’idéal c’est que la poudre sorte du pistolet un peu comme la vapeur d’un fumeur de cigarette électronique qui est fier de vous montrer le nuage qu’il crache de ses poumons. Vous visualisez le délire ? C’est le résultat qu’on va chercher à obtenir.
Pour gagner du temps, c’est le moment de préchauffer le four à 200 degrés.
C’est le moment de raccorder la petite pince crocodile du pistolet électrostatique sur la grille du four dans le bac.
On place le récipient de poudre sur le pistolet.
On règle l’intensité du courant au maximum.
Une pédale est fournie avec le kit : il faut bien entendu appuyer dessus pour activer le courant électrique.
Vous pouvez faire un petit essai : le but est d’obtenir un nuage de poudre qui sort régulièrement pour venir se déposer sur la grille.
Si le nuage sort de la boite : votre débit d’air est trop fort.
Si le souffle renverse les balles : votre débit d’air est trop fort.
Allez-y copieusement par couches successives, de gauche à droite, de bas en haut en secouant le pistolet pour aider la poudre à s’échapper de son contenant (effet venturi).
Si vous ne voyez plus la plaque, une petite pause de quelques secondes avant de reprendre.
Vous pensez que c’est bon ?
Il faut vérifiez si la couche est bien mise.
Seule solution : plongez la tête dans le bac !
…
…
Mais nan : filmez vos balles avec votre gsm, sous tous les angles (sauf en-dessous banane). Regardez votre vidéo tranquillement : il y a bien de la peinture partout ? Sur toutes les balles ? Sur chaque face ?
Non ? On en rajoute une couche.
Oui ? Félicitations le plus dur est fait.
Enfin presque : il reste à ouvrir le four, décrocher la pince crocodile de la grille (sinon j’en connais un qui va pester quand il va se retrouver bloqué sec et que tout va se renverser au sol), amener délicatement la grille, les plaques, les balles et la peinture jusque dans le four SANS rien renverser.
C’est parti pour 20 minutes de cuisson à 180 degrès.
Petit détail qui a quand même son importance : ventilez la pièce car à la cuisson, vous allez empester la maison ! Ca fouette !
Que faire de ces 20 minutes ? On retire et secoue les briques du bac de peinture.
Une petite balayette pour brosser les parois et faire tomber la poudre dans le fond.
On récupère la poudre pour la remettre dans son contenant originel.
On nettoie le pistolet électrostatique et on range le compresseur.
On prépare un récipient d’eau froide de la taille de la grille de cuisson.
Il est temps maintenant de préparer nos gants de soudeur ou, si on ne sait pas où ils sont rangés, d’aller piquer discrètement les gants de cuisson de la cuisine.
On sort les cookies du four et on jette le tout dans l’eau froide. La grille, les plaques, les balles = tout.
Si la plaque est neuve : tout va se décoller tout seul.
Si elle a déjà servi à cet usage, il est possible que les balles collent à la plaque.
J’utilise le petit maillet en bois des moules à balles pour les frapper et les décoller.
Je replace la grille et la plaque dans le four : il est encore chaud et en refroidissant il va sécher le tout. Il suffira de laisser la porte entre-ouverte quelques temps.
Une vieille serviette de douche et on y dépose les balles toutes belles pour les sécher.
On s’ouvre une petite Jup’ qu’on déguste en admirant son travail et on se dit « cindjeu que je suis bon quand même ! »
Hop hop hop hop pas si vite gaillard !
Belles ok mais est-ce qu’elles sont bien faites ?
Un rapide coup d’œil pour vérifier que la couche est uniforme (normalement ce sera le cas).
Si ce n’est pas le cas, vous comprendrez rapidement d’où vient le problème : il faut charger plus à la peinture.
Admettons qu’elles soient belles : on va maintenant en sacrifier une ou deux.
Le test du marteau.
On prend une ou deux balles peintes, on les dépose sur un support solide et on frappe dessus un coup sec avec un marteau bien lourd. Le but est de l’écraser comme pour simuler un impact de balle sur les plaques au fond du stand de tir.
On observe le résultat.
Si la peinture part par plaque = la peinture n’adhère pas aux balles ! Pas bon !
Si par contre la peinture semble « intégrée » au plomb, mes félicitations cher maître : mission accomplie !
Place au recalibrage maintenant ! Mais avant, une seconde Jup’ !
Astuce :
La grille microperforée va inévitablement se charger de peinture au fil des utilisations.
Ce n’est pas gênant au début sauf que les balles vont coller.
A la longue, sa surface ne sera plus plane et va causer des difficultés à maintenir les balles debout sans se renverser.
J’utilise un petit chalumeau pour chauffer la plaque à une extrémité : la peinture va prendre feu et progressivement c’est toute la plaque qui va bruler.
Une fois éteinte, un coup de brosse : la plaque est comme neuve
Auteur : AL Reloading
